• La compagnie du Chemin de Fer du Salève n'était pas riche et les ouvriers entretenaient les voies du mieux possible:
    • Tous ceux qui ont répondu à la question concernant l'état des rails vers 1930 se souviennent "de rails bien entretenus" donc en "bon état" mais il pourrait y avoir eu une confusion entre les vocables voie et rail pour les non spécialistes...
    • Les rares personnes ayant répondu à la question concernant l'état des traverses vers 1930 se souviennent de "traverses en bon état", de "traverses en fer", de "traverses en bois (!) sur la ligne d'Etrembières" - ce qui est très certainement faux-, de "traverses couvertes de caillasse" et de "traverses métalliques rouillées".

  • La vie du chemin de Fer du Salève ne fut troublée par aucun accident d'exploitation grave: quelques rochers sont bien tombés sur la voie, sur la section Veyrier-Monnetier, mais sans causer de dommages importants et sans heurter d'automotrices.
    Ce qui a le plus marqué les riverains, les passagers et le personnel était le rail électrique: malgré les protections installées le long de la voie, les 600 volts faisaient peur et de nombreuses personnes dont 4 enfants, ont été blessées par l'électricité.

  • Quelques animaux (vaches, chiens, ânes ...) auraient été tués par le rail électrique.

  • Cependant, l'électricité causa également des victimes humaines: trois accidents furent mortels entre 1892 et 1936.
    Alexandre Rivollet (1888-1934) était chef d'exploitation du chemin de fer et fut le premier a être tué par le courant. Le 2 janvier 1934, après avoir effectué la paye des ouvriers à Monnetier-Mairie, il redescendait sur Veyrier, sur la plate-forme d'une automotrice. Vers 17h15, comme il se penchait à l'extérieur pour voir l'automotrice qui suivait, il fit une chute sur le troisième rail, à la hauteur de l'aiguille aval du croisement du tunnel: le loquet du portillon aurait cédé.

    Le 14 août 1934, Charles Descombes (1899-1934) était aux champignons avec son cousin, sur le Grand-Salève, il pleuvait. En voulant traverser la voie près du Restaurant du Mont-Blanc, son pantalon a touché le 3e rail et l'a électrocuté. Sa veuve, Yvonne, n'a pas "touché d'indemnités de la compagnie du chemin de fer car il était dans son tort puisqu'il avait traversé la voie clôturée et interdite".

    La troisième victime, Marcel Perréard (1922-1936), trouva la mort alors que le chemin de fer était en démolition, le 27 août 1936 à 15h30. Il faisait beau, l'enfant était allé ramasser des cyclamens et il commis l'imprudence de s'asseoir sur le 3e rail, remis sous tension pour la démolition après plusieurs mois d'arrêt du trafic.