La signalisation ferroviaire


Généralités

Sur les lignes à voies doubles de la SNCF les trains circulent normalement à gauche, sauf dans les régions Alsace et Lorraine, où pour des raisons historiques, la circulation s'effectue à droite.

Les signaux sont implantés soit à gauche de la voie concernée sur des mats ou parfois au sol, soit au dessus de la voie sur des potences. Cependant il peut arriver qu'exceptionnellement, les signaux soient implantés à droite de la voie, dans le cas par exemple d'I.P.C.S. (Installations Permanentes de ContreSens), ou quand l'installation à gauche n'est pas possible faute de place.

Les objectifs de la signalisation sont multiples, on peut cependant les résumer aux cinq principaux points suivants :

Afin de réaliser l'espacement des circulations, on découpe la voie en sections appelées "cantons". Chaque canton est alors précédé d'un signal indiquant si ce canton est libre ou occupé par un autre train.

Les différents types de blocks.

Les différents systèmes utilisés pour gérer les signaux sont appelés "blocks", et selon la catégorie de ligne on utilisera l'un des trois types de blocks ci-dessous :

Le block manuel est utilisé sur des lignes peu fréquentées, dont l'exploitation est assurée totalement manuellement. Le nombre de signaux implantés sur les voies est très réduit, les installations de commande sont simples, ce qui en fait un système économique. L'inconvénient ce type de block est qu'il ne permet pas un gros débit sur les lignes, il n'est donc utilisé que sur des lignes secondaires peu fréquentées, ce qui représente tout de même 50% du kilométrage du réseau français.

Le block automatique à permissivité restreinte est utilisé sur des lignes à trafic moyen. C'est un système automatique, mais la longueur des cantons est relativement importante (plusieurs kilomètres). Ce système présente l'avantage d'une sécurité accrue par rapport au block manuel (le risque d'erreur humaine est diminué), tout en restant économique car le nombre de signaux implantés reste faible. De par son fonctionnement ce type de block ne permet pas des débits élevés sur une ligne. En effet le franchissement des signaux d'espacements fermés est interdit, pour éviter des marches à vue trop longues (puisque les cantons sont grands !), d'où son nom de "permissivité restreinte". A l'origine, il était envisagé de pouvoir doubler le nombre de cantons en cas de besoin, voire de le transformer en BAL le cas échéant. détails...

Le block automatique lumineux est utilisé sur les lignes principales. Ce système est automatique et permet un débit maximal sur une ligne, d'autre part il autorise également un espacement réduit des circulations puisque le franchissement des signaux d'espacements fermés en marche à vue est autorisé (c'est un système "permissif"). C'est le système le plus souple pour régler les circulations, mais c'est aussi le plus onéreux (installation de nombreux signaux et postes de commande complexes).

Les différentes marches des trains.

En circulation ferroviaire, il existe 4 types de marche:

La marche à vue impose à un conducteur de s'avancer avec prudence, compte tenu de la partie de voie qu'il aperçoit devant lui, de manière à pouvoir s'arrêter avant une queue de train, un signal d'arrêt ou un obstacle. En outre, il ne doit pas dépasser la vitesse de 30 Km/h.

L'obligation de marcher en manoeuvre impose au conducteur de s'avancer avec prudence, sans dépasser la vitesse de 30 km/h et en se tenant prêt à obéir aux signaux qu'il pourrait rencontrer et d'obéir à toute injonction d'un agent de manoeuvre.
Lorsque le conducteur est en tête du mouvement ou refoule un véhicule, la vitesse doit être réglée en tenant compte du nombre de véhicules de la circulation, du freinage réalisé éventuellement réduit au seul freinage de l'engin moteur et du profil de la voie pour être en mesure de s'arrêter au point indiqué ou si nécessaire dans la partie de voie libre visible.
La marche en manoeuvre est en général commandée par le panneau G.

La marche avec prudence impose à un conducteur de limiter sa vitesse compte tenu du motif qui lui a été indiqué.
Exemple : passage à niveau en raté d’ouverture.

Lorsqu'un train n'est ni en marche à vue, ni en marche en manoeuvre et ni en marche prudente, il est en marche normale; la vitesse limite du train dépend de la section de ligne concernée, de la vitesse limite des différents éléments du convoi ainsi que de leur capacité de freinage combinée.


La signalisation lumineuse

Pour réaliser la signalisation lumineuse, on utilise des panneaux portants un ou plusieurs feux. Ces panneaux sont constitués d'un écran noir bordé d'un liséré blanc. Il existe différentes formes de panneaux qui varient selon le nombre et le type des indications devant êtres présentées, vous trouverez ci-dessous un échantillon des panneaux les plus courants.

Sur Mats :

et au sol :

Les cibles portant les signaux lumineux font l'objet d'une standardisation de meme que les agrès qui les supportent:

  • Cibles et poteaux simples sont décris dans ce document (313Ko)
  • Un descriptif des anciennes potences de la SNCF est disponible dans ce document (2Mo)

    Il est fait aussi usage parfois de panneaux particuliers lorsque l'environnement ne permet pas l'implantation des panneaux standards. C'est souvent le cas dans les grandes gares terminus de Paris, où l'on rencontre des panneaux rectangulaires, donc moins hauts et plus faciles à loger sous les ponts routiers. Parfois aussi il y a absence de panneau, lorsque le signal est implanté dans un tunnel et que l'éclairage est faible. Le fond noir est alors suffisant pour que les signaux lumineux se détachent bien et soient facilement observables.

    Lorsque sur un panneau tous les feux ne sont pas installés, on utilise alors des plaques pour masquer les emplacements inoccupés. On procède également de même, au cours de travaux de modifications sur la signalisation, lorsque cela est possible, afin d'éviter de tout changer.

    Ce qui peut par exemple donner les panneaux suivants :

    Les signaux lumineux utilisent des couleurs suffisamment différenciées pour ne pas êtres confondues par les mécaniciens. Ces couleurs sont le vert , le jaune , le rouge , le blanc , le violet .

    La disposition des feux est toujours la même, et se retrouve d'un panneau à l'autre. Ainsi pour un panneau simple on aura la disposition suivante :

    Signal 3 feux

    Et sur un panneau plus complexe, on retrouve les mêmes feux aux mêmes emplacements, et en plus sont rajoutés les feux complémentaires :

    Signal 5 feux

    Le feu vert - signal de voie libre (VL).

    Signal vertSignal vert (BAPR)

    Le signal de voie libre se présente sous la forme d'un feu vert.

    Le feu vert indique au mécanicien que la voie est libre, et que la marche normale est autorisée si rien ne s'y oppose.

    Le feu vert clignotant (VL).

    Signal vert clignotant


    Le feu vert clignotant est équivalent au feu vert fixe pour les trains dont la vitesse ne dépasse pas 160 Km/h.
    Pour les trains à vitesse plus élevée, ce signal commande au mécanicien de réduire sa vitesse à 160 Km/h le plus tôt possible, afin d'être en mesure de franchir le signal suivant au plus à cette vitesse.
    C'est un signal de cantonnement, qui demande de se comporter comme sur une ligne à 160, car on risque de rencontrer un signal fermé de la réglementation 160: avertissement par exemple.
    Ce signal n'est implanté que sur les lignes dont la vitesse plafond est supérieure à 160 Km/h (lignes à 200 Km/h).

    Le feu jaune clignotant(A).

    Signal jaune clignotant

    Le feu jaune clignotant commande au mécanicien d'être en mesure de s'arrêter avant le signal annoncé à distance réduite par l'avertissement suivant.
    Ce signal est implanté lorsque la distance entre l'avertissement (signal jaune) et le signal d'arrêt (signal rouge) est insuffisante pour permettre l'arrêt du train (canton court).

    Note: le jaune clignotant ne doit pas être appelé "pré-avertissement", cette appellation correspondant à un autre signal aujourd'hui disparu. détails...

    Le feu jaune - avertissement (A).

    Signal jauneSignal jaune (BAPR)

    L'avertissement se présente sous la forme d'un feu jaune.

    Le feu jaune fixe commande au mécanicien de pouvoir s'arrêter avant le signal suivant : carré, sémaphore, carré violet; ou d'être en mesure de respecter un rouge clignotant.

    Enfin. l'avertissement en signalisation lumineuse peut annoncer au mécanicien un panneau éteint.

    En signalisation mécanique, l'avertissement se présentait sous la forme d'un panneau losange jaune :

    Avertissement

    Le disque (D).

    Signal jaune et rouge

    Le disque se présente sous la forme d'un feu rouge et d'un feu jaune disposés horizontalement.

    Le disque commande au mécanicien de passer en marche à vue aussitôt que possible, et de marquer l'arrêt au premier signal ou aiguillage rencontré. Le disque est rarement implanté en B.A.L. (voie banalisée en B.A.L.), et n'est utilisé que sur des lignes peu fréquentées.

    Le nom de disque vient de la signalisation mécanique, car ce signal se présentait alors sous la forme d'un disque rouge :

    Disque

    Le feu rouge clignotant (S).

    Signal rouge clignotant

    Le feu rouge clignotant est un signal dont l'arrêt n'est pas obligatoire. Le mécanicien qui rencontre ce signal peut le franchir en marche à vue, sans marquer d'arrêt, et sans dépasser la vitesse de 15 Km/h.
    On utilise ce signal soit dans les gares, pour éviter aux trains qui ne la desservent pas de s'arrêter à quai ou pour annoncer en carré à distance réduite (cas a Paris-Lyon). Il se rencontre également dans certaines rampes pour éviter aux trains lourds (fret) de s'arrêter au risque de ne pouvoir repartir. détails...

    Le feu rouge - sémaphore (S).

    Signal rouge

    Le sémaphore se présente sous la forme d'un feu rouge.

    Le feu rouge simple est appelé sémaphore, et commande au mécanicien de s'arrêter avant le signal. C'est un signal d'espacement qui permet d'éviter le rattrapage des trains.

  • En B.A.L., le sémaphore impose un arrêt avant le signal. Le train peut ensuite repartir en marche a vue.
  • En B.A.P.R. le sémaphore n'est pas permissif, il ne peut pas être franchi sans une autorisation du régulateur. détails...
  • Lors de manoeuvres on peut le franchir sans arrêt (et sur ordre du chef de manoeuvres).

    Le nom de sémaphore vient de la signalisation mécanique, car ce signal se présentait alors sous la forme d'une aile rouge bordée de blanc :

    Sémaphore

    Remarque: un feu rouge peut en cacher un autre! détails....

    Le carré (C).

    Signal deux feux rouges

    Le carré se présente sous la forme de deux feux rouges qui peuvent êtres disposés soit horizontalement soit verticalement.

    Le double feu rouge commande l'arrêt avant le signal.
    C'est un signal de protection non franchissable. Il sert à protéger des aiguillages (croisements), mais peut aussi servir à protéger certaines zones particulières (sas de manoeuvre, sectionnement électrique, zones de chutes de pierres). En cas de dérangement, il peut cependant être franchi sur ordre de l'aiguilleur, mais ceci est une procédure exceptionnelle faisant l'objet de consignes de sécurité strictes.

    Le nom de carré vient de la signalisation mécanique, car ce signal se présentait alors sous la forme d'une cocarde rouge et blanche :

    Carré rouge

    Le nom générique de carré fait référence au "carré rouge", par opposition au "carré violet".

    Le feu blanc - manoeuvre (M).

    Feu blanc au solFeu blanc sur mat

    Le feu de manoeuvre se présente sous la forme d'un feu blanc.

    Le feu blanc commande ou confirme au mécanicien d' observer la marche en manoeuvre, toutefois quand, dans certains cas, le feu blanc donne accès à une voie principale, il commande au mécanicien d' observer la marche à vue. Ce signal ne se rencontre que sur les voies de manoeuvre (garages, dépôt) et à l'origine des itinéraires de refoulement.

    Le feu blanc clignotant - manoeuvre réduite (M).

    Feu blanc clignotant au solFeu blanc clignotant sur mat

    Le feu de manoeuvre réduite se présente sous la forme d'un feu blanc clignotant.

    Le feu blanc clignotant est similaire au feu blanc, à la différence que l'attention du mécanicien est attirée sur le fait que son train est dirigé vers une voie de courte section (souvent un garage pour machines seules).
    Dans tous les cas, il interdit le départ en ligne d'un train.

    Le feu violet - carré violet (Cv).

    Feu violet au solFeu violet sur

    Le carré violet se présente sous la forme d'un feu violet.

    Le carré violet est similaire au carré rouge, mais ne se rencontre que sur les voies de manoeuvre, ou en protection à l'origine des itinéraires de refoulement.

    Le nom de carré violet vient de la signalisation mécanique, car ce signal se présentait alors sous la forme d'une plaque carré violette :

    Le ralentissement 30 (R).

    Le ralentissement 30 se présente sous la forme de deux feux jaunes disposés horizontalement.

    Le ralentissement 30 est une indication pouvant être combinée avec les autres signaux.
    Il commande au mécanicien de ralentir à 30 Km/h pour le franchissement d'aiguillages.

    En signalisation mécanique, le ralentissement 30 se présentait sous un panneau de cette forme :

    Ralentissement 30

    Le rappel de ralentissement 30 se présente sous la forme de deux feux jaunes disposés verticalement.

    Le rappel de ralentissement 30 est une indication pouvant être combinée avec les autres signaux.
    Il confirme au mécanicien de ralentir à 30 Km/h pour le franchissement d'aiguillages.

    En signalisation mécanique, le rappel de ralentissement 30 se présentait sous un panneau de cette forme :

    Rappel de ralentissement 30

    Le ralentissement 60 (R).

    Le ralentissement 60 se présente sous la forme de deux feux jaunes clignotants disposés horizontalement.

    Le ralentissement 60 est une indication pouvant être combinée avec les autres signaux.
    Il commande au mécanicien de ralentir à 60 Km/h pour le franchissement d'aiguillages.

    Le rappel de ralentissement 60 (RR).

    Le rappel de ralentissement 60 se présente sous la forme de deux feux jaunes clignotants disposés verticalement.

    Le rappel de ralentissement 60 est une indication pouvant être combinée avec les autres signaux.
    Il confirme au mécanicien de ralentir à 60 Km/h pour le franchissement d'aiguillages.

    La bande rouge - guidon d'arrêt (GA).

    Guidon d'arrêt

    Le guidon d'arrêt se présente sous la forme d'une bande horizontale lumineuse de couleur rouge.

    La bande rouge horizontale commande au mécanicien de s'arrêter avant le signal. Elle est en général utilisée pour protéger un passage à niveau (ou la pédale de déclenchement de celui-ci). Elle ne doit être rencontrée que par des circulations en marche à vue ou en manoeuvre.

    La bande jaune (BJ).

    Bande jaune

    Le bande jaune se présente sous la forme d'une bande horizontale lumineuse de couleur jaune.

    La bande jaune horizontale est utilisée en complément des règles de l' avertissement. Elle indique au mécanicien que son train est dirigé vers une voie en impasse de longueur réduite (cas par exemple ou la voie est déjà occupée par un train ou un morceau de train que qui doit être abordé).

    Les feux de heurtoir.

    Feu violetFeu rouge

    Le feux de heurtoir ne sont pas vraiment des signaux, il servent à repérer de nuit, ou en gare, les heurtoirs de fin de voie. Il est fait usage d'un feu violet simple sur les voies de garage, et d'un feu rouge simple dans les gares terminus.


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    1996 DAVROUX Thierry
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